EPHE Department Paleoclimatology  and Marine Paleoenvironments
Employment

Offre de thèse à l'ED Sciences et environnements de l'Université de Bordeaux 
 
Intitulé : Variabilité de la mousson indienne à l’échelle orbitale au cours du dernier million d’années - Etude des changements de végétation à partir des sédiments du Golfe du Bengale 
 
Descritptif
 
La mousson est l’expression la plus spectaculaire des interactions complexes observables entre l’océan, les continents et l’atmosphère. Elle résulte du renversement saisonnier des vents dans la bande intertropicale, et implique des transferts d’énergie (chaleur) et d’humidité considérables entre les deux hémisphères. Elle affecte tous les continents (à l’exception de l’Antarctique), mais c’est en Asie que la mousson s’exerce de la manière la plus intense, et en particulier dans la région indienne. La mousson d’été indienne représente la source majeure d’humidité en Inde apportant jusqu’à 90% des précipitations annuelles dans l’est du continent. Déterminer l’évolution de la mousson indienne d’ici à la fin du siècle est à ce jour un enjeu sociétal majeur car elle affecte le quotidien de milliards d’habitants mais aussi scientifique car les processus en jeu dictant sa réponse aux changements climatiques globaux sont encore loin d’être connus. L’étude de la variabilité naturelle passée de la mousson présente l’intérêt majeur de contribuer à l’identification des mécanismes la contrôlant et ainsi d’améliorer les projections futures. 
 
Le projet de thèse vise à étudier la variabilité de la mousson indienne à l’échelle orbitale au cours du dernier million d’années, et ceci au cœur de la zone géographique où elle est la plus intense, zone à ce jour exempte d’enregistrements sédimentaires longs. L’objectif premier de ce projet est de reconstruire les changements de végétation sur le continent nord-est indien au cours de plusieurs cycles climatiques choisis du dernier million d’années présentant des conditions limites contrastées (teneurs en CO2, niveau marin, insolation). Pour cela, le pollen contenu dans les sédiments marins du site IODP U1446 (Expédition IODP 353 « Indian Monsoon Rainfall », décembre 2014 - Janvier 2015) sera analysé. Ce site, récemment collecté sur la marge nord-est indienne, permettra de produire un enregistrement unique des variations passées de la végétation et donc de l’intensité des précipitations au cœur de la zone où la mousson d’été indienne est la plus intense. Ce travail sera co-encadré par les palynologues S. Desprat (EPOC) et K. Anupama (Institut Français de Pondichéry, Inde). 
 
Afin d’établir un diagnostic précis de la réponse de la mousson indienne à la variabilité climatique orbitale et de discerner les facteurs la contrôlant, les résultats polliniques obtenus seront comparés à d’autres traceurs continentaux et marins analysés dans la même séquence. Les données XRF seront utilisées comme indicateur du ruissellement continental et de l’érosion, alors que les biomarqueurs permettront de reconstruire les températures des eaux de surface (index Uk’37 basé sur les alcénones), et les variations d’humidité et de grands types de végétation (dD et d13C cires de plantes). Ces travaux seront conduits par P. Martinez et J. Crespin en collaboration avec R. Schneider pour les biomarqueurs. Par ailleurs, les assemblages de coccolithes, analyses réalisées dans le cadre de ce projet par C. Bolton, et les teneurs en alcénones, permettront de tracer les variations de productivité et de stratification des eaux de surface en relation avec l’intensité de la mousson indienne d’été. Cette comparaison directe sera réalisée en travaillant en étroite collaboration avec les spécialistes analysant ces traceurs sur le site U1446. Une telle comparaison est à ce jour sans précédent pour des études paléoclimatiques du cycle de l’eau à haute résolution du dernier million d’années. Ce travail de thèse permettra in fine de générer pour la première fois des connaissances uniques de la variabilité orbitale de la mousson indienne, sous des conditions limites variées rencontrés au cours du dernier million d’années. 
 
Personnes à contacter pour obtenir de informations complémentaires: 
Philippe Martinez (philippe.martinez@u-bordeaux.fr) et Stéphanie Desprat (stephanie.desprat@u-bordeaux.fr
 
Modalités de candidature disponibles sur le site de l'ED: https://ed-environnements.u-bordeaux.fr/Doctorat/Offre-de-theses